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Serenaways

Voyager autrement

Voyager quand son cerveau fonctionne autrement

Neurodivergence, hypersensibilités et handicaps invisibles : penser le voyage aussi en termes d’énergie

J’aime voyager. Beaucoup. Mais j’ai appris avec les années qu’un voyage réussi ne se mesure pas au nombre de choses que l’on réussit à faire dans une journée.

Lorsque l’on est neurodivergent, le voyage peut être extraordinairement stimulant. Il peut aussi devenir épuisant beaucoup plus vite qu’on ne l’avait imaginé.

La neurodivergence n'est pas une catégorie médicale unique. Elle désigne notamment des fonctionnements neurodéveloppementaux tels que l'autisme, le TDAH ou certains troubles DYS. D'autres réalités, comme le trouble post-traumatique, les troubles anxieux ou certaines pathologies neurologiques, ne relèvent pas nécessairement de la neurodivergence au sens strict, mais peuvent entraîner en voyage des besoins comparables : davantage de prévisibilité, moins de sollicitations, des temps de récupération ou une organisation limitant la surcharge cognitive.

Et surtout, une grande partie de ces difficultés sont invisibles.

Voyager avec une neurodivergence ou un handicap invisible

On peut marcher parfaitement, communiquer, prendre l’avion seul et pourtant être rapidement épuisé par le bruit, la foule, les changements de programme, les interactions sociales ou simplement l’accumulation de décisions à prendre.

Chez certaines personnes autistes, l’accumulation de bruit, de lumière, d’odeurs, de foule, d’interactions sociales et d’imprévus peut représenter une charge considérable. Les changements de routine et l’incertitude peuvent également demander davantage d’effort.

Avec un TDAH, d’autres difficultés peuvent apparaître : organisation, transitions, oubli d’informations ou estimation du temps. Cette perception particulière du temps, parfois appelée time blindness, peut transformer une succession apparemment raisonnable d’étapes en véritable course contre la montre.

Et en voyage, tout cela s’additionne.

Le véritable budget du voyage : l’énergie

C’est probablement le paramètre que je regarde le plus lorsque je construis certains itinéraires.

Deux heures de route ne représentent pas seulement deux heures.

Il faut quitter l’hôtel, vérifier les bagages, trouver le véhicule, rouler, éventuellement chercher où se garer, comprendre un nouvel environnement, arriver dans un nouvel hébergement, refaire ses repères. Puis parfois ressortir immédiatement parce qu’une visite est prévue à 15 heures.

Sur Excel, la journée fonctionne parfaitement. Pour un cerveau déjà très sollicité, beaucoup moins.

Je calcule donc les temps réels, les distances, les changements d’hôtel et les transitions. Et surtout, je laisse des espaces vides.

Une matinée sans programme n’est pas une matinée perdue. Une journée de récupération au milieu d’un itinéraire non plus.

Adapter un voyage ne signifie pas forcément en faire moins. Cela signifie dépenser son énergie là où elle en vaut la peine.

Ville ou campagne ? Cela dépend surtout de vous

Tokyo peut être merveilleuse pour une personne autiste et infernale pour une autre. Une semaine dans une région rurale peut apaiser quelqu’un et profondément ennuyer une personne TDAH qui recherche davantage de stimulation.

Je me méfie donc des listes de « destinations adaptées aux neurodivergents ».

Je préfère chercher le bon niveau de stimulation.

Une grande ville peut très bien fonctionner avec un hôtel calme, des visites tôt le matin, peu de transports et un programme léger. Une destination nature peut être idéale si elle n’impose pas quatre heures de route quotidiennes. Une petite ville où l’on peut marcher, retourner facilement à l’hôtel et improviser sans logistique complexe constitue parfois un excellent compromis.

Le nombre de changements compte souvent davantage que le nombre de kilomètres.

Prévoir beaucoup pour avoir le droit d’improviser

Cela semble contradictoire. Ça ne l’est pas.

Connaître à l’avance l’aéroport, les transferts, les distances, le fonctionnement de l’hôtel ou disposer d’un plan B réduit considérablement la quantité de décisions à prendre sur place.

Je préfère donc documenter sérieusement un voyage, puis laisser la personne décider sur place de ce qu’elle utilisera.

Il peut aussi être utile de prévoir dès le départ une porte de sortie : pouvoir rentrer facilement à l’hôtel, renoncer à une activité sans désorganiser toute la journée ou disposer d’une alternative calme si l’énergie n’est simplement pas là.

Voyageurs accompagnés et échanges humains pendant un voyage

Et parfois, un humain vaut mieux qu’une application

Je ne mets jamais un guide dans un programme simplement parce « qu’il faut un guide ».

Mais la bonne personne, au bon moment, peut économiser une quantité considérable d’énergie.

Un contact local fiable qui sait où aller, à quelle heure, quel trajet éviter et quelle porte pousser peut tout changer. Dans certains pays, disposer ponctuellement d’un guide francophone permet aussi de ne pas passer plusieurs heures à écouter, traduire mentalement, comprendre les codes puis reformuler dans une autre langue.

Ce n’est pas du confort superflu. C’est de l’économie cognitive.

C’est aussi pour cela que je travaille avec des personnes qui vivent réellement sur place. Elles apportent quelque chose qu’aucun algorithme d’itinéraire ne peut garantir : une information contextualisée, actuelle et humaine.

Voyager avec un fonctionnement neurologique atypique ne signifie donc pas forcément voyager moins loin, moins intensément ou renoncer à certaines destinations.

Cela signifie surtout concevoir autrement le rythme du voyage.

Et vous ? Qu’est-ce qui vous coûte le plus d’énergie lorsque vous voyagez ?

La foule, les transports, les changements d’hôtel, les horaires, les interactions, l’imprévu ?

Parlons-en. Je vous propose un échange offert, sans engagement, pour réfléchir à une façon de voyager qui vous corresponde réellement.

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